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Neurofeedback ou pas ? - Page 2   
 

 Utilisation contestable du terme neurofeedback...

   Le 5 juin 2011
 
  Le neurofeedback (biofeedback EEG) est une méthode puissante mais complexe, dont certaines applications sont réservées au corps médical...
 
• En biofeedback EMG, de nombreuses applications de rééducation ne doivent être effectuées que par des personnes habilitées (médecins, kinés...). En neurofeedback, certaines applications le sont également en raison des effets indésirables pouvant survenir. Ainsi, certains protocoles utilisés dans le traitement de l'alcoolisme, par exemple, sont réservés au corps médical ou à des personnes qualifiées...
[Réf. : the Peniston/Kulkosky alpha-theta neurofeedback therapeutic protocol dans le traitement de l'alcoolisme, associé éventuellement à un syndrome post-traumatique comme dans le cas de combattants américains du Vietnam.]
• Quelques rappels en vrac :
- En neurofeedback, le nombre et le placement des électrodes varient en fonction des objectifs et protocoles.
- Les encodeurs ont une fréquence d'échantillonnage de 1024 au minimum.
- Une EEG quantitative (QEEG) est de plus en plus souvent pratiquée à des fins de diagnostic et pour fournir des indications sur la marche à suivre.
- Suivant les traitements ou entraînements, il existe différents protocoles permettant de travailler sur un ou plusieurs rythmes cérébraux (alpha, thêta, bêta, SMR...).
- Un test d'impédance est nécessaire au début de chaque séance et une recherche d'artefacts (signaux non EEG) afin de les éliminer.
- D'une manière générale, les autres formes de biofeedback sont très souvent associées au neurofeedback.
- Au cours des séances, des jeux spécialement conçus sont proposés ainsi que la projection de vidéos ou d'images spécifiques.
- Des techniques psychocorporelles sont enseignées en tant qu'outils permettant d'agir sur le fonctionnement cérébral.

  Zengar et NeuroCARE ou NeurOptimal
 
Plusieurs sites Web français font la promotion de la méthode Zengar et du NeurOptimal en se réclamant du neurofeedback. Cependant, malgré les apparences, et à la lumière des informations données à la page précédente, on peut facilement démontrer que le terme neurofeedback ne convient pas. En revanche, le terme neurothérapie peut convenir.
Mais avant de développer les nombreuses différences entre cette méthode et le neurofeedback, je voudrais commencer par le terme lui-même. Dernièrement, lors d'un échange de courriels, on m'a indiqué que l'emploi du terme neurofeedback était justifié en raison de la présence d'un "feedback" dans le système. C'est un peu rapide comme conclusion et, sutout, ce n'est pas exact. Voici un exemple pour démontrer que "feedback" n'est pas la même chose que "biofeedback" ou "neurofeedback" (biofeedback EEG) :
- un défibrillateur automatique est programmé pour prendre l'initiative de délivrer une impulsion électrique après avoir reçu l'information (feedback) selon laquelle il y a fibrillation ventriculaire. Utiliser une information physiologique pour déclencher une action ne fait pas du défibrillateur un système de biofeedback.
Dans un autre domaine, le thermostat d'une chaudière qui envoie l'ordre à celle-ci de se déclencher dès la réception de l'information (feedback) selon laquelle la température est au-dessous d'un certain seuil, est un mode de fonctionnement automatique dans lequel l'individu n'intervient pas.
 
Les créateurs du NeurOptimal ont commencé par étudier et pratiquer le neurofeedback pour ensuite s'en détacher complètement. Depuis plusieurs années déjà, les deux méthodes sont diamétralement opposées mais en revanche se ressemblent sur plusieurs points, d'où la difficulté pour beaucoup d'entre vous de faire la différence, d'autant plus que le terme neurofeedback a été conservé !
 
Ainsi, sur les sites référencés un peu plus bas sur cette page, et en particulier sur celui de l'ADNF, on peut constater les éléments suivants :
- des informations exactes sur le neurofeedback ;
- des références à des résultats d'expériences ou de traitements obtenus par le neurofeedback ;
- des liens vers des publications ou des sites reconnus dans le domaine du neurofeedback...
Jusque là, tout porte à croire qu'il s'agit bien de neurofeedback. Mais on découvre paradoxalement sur la page consacrée au NeurOptimal :
- un rejet complet des protocoles utilisés en neurofeedback ;
- une remise en cause totale des principes de base du neurofeedback !
 
Résultat de cet abandon d'un neurofeedback qui serait, d'après les auteurs, devenu obsolète, trop contraignant et presque inefficace :
- un protocole unique et avec un placement standard des électrodes ;
- un logiciel (utilisant en exclusivité un algorithme spécial) gérant de manière autonome et totalement automatique la régulation du cerveau ;
- un individu qui doit rester passif durant les séances ;
- aucun diagnostic préalable nécessaire ;
- pas de connaissances particulières pour proposer cette méthode ;
- une "méthode qui n'est pas médicale, qui ne soigne pas une maladie" (mais utilisée chez des enfants handicapés !?) et qui a "une extraodinaire efficacité dans tous les domaines liés à des dysfonctionnements du cerveau" (!?) ;
- etc.
 
Présentée comme une méthode très simple à utiliser et extraordinairement efficace, on peut comprendre que de nombreuses personnes rejoignent la communauté de ses utilisateurs. D'ailleurs, en France actuellement, le nombre d'utilisateurs du NeurOptimal est beaucoup plus important que celui des praticiens du neurofeedback !
 
Pour résumer : on nous fait une présentation du neurofeedback accompagnée de références à des résultats obtenus par le neurofeedback (en se gardant bien de dire qu'ils n'ont pas été obtenus par le NeurOptimal), puis on nous indique l'abandon total des procédures appliquées en neurofeedback ainsi que l'utilisation d'un système qui agit seul sur le fonctionnement cérébral. Voilà comment, en partant du neurofeedback, on arrive à un système et une méthode incompatibles avec le neurofeedback !
 
Cette démonstration ne cherche nullement à en déduire que cette méthode n'est pas valable. Simplement, on peut légitimement contester le fait que cette méthode se réclame du neurofeedback. Personnellement, je pense que le fait d'entretenir la confusion entre cette méthode et le neurofeedback permet surtout de profiter de la notoriété d'une technique reconnue, ayant fait ses preuves depuis longtemps et dans de nombreux domaines.
 
En France, le biofeedback est déjà entré (timidement) à l'hôpital. La Réalité Virtuelle aussi, associée à la thérapie comportementale et cognitive. Vous pourrez noter au passage que cette méthode (RV + TCC), demande une participation active du sujet dans sa thérapie, comme en biofeedback.
(30/10/2011) - Selon l'ADNF, le NeurOptimal ou le NeuroCARE seraient utilisés dans 2 CHU français (à Paris et Amiens). J'ai contacté les services concernés mais mes questions dérangent et on ne souhaite pas aborder le sujet ! Cette mise au point sur le neurofeedback y serait-elle pour quelque chose ?
Par ailleurs, une étude avait été réalisée dans une unité du CHU d'Amiens afin d'évaluer les bénéfices du neurofeedback dans le traitement des TDAH (ADHD). Les conclusions de cette étude étaient plutôt mitigées, contrairement à toutes les autres études sur le même sujet ! Pourquoi ? Selon moi, une seule explication : une incompatibilité entre un protocole de neurofeedback (celui de Lubar), l'utilisation du NeuroCARE (système Zengar) qui ne fonctionne pas selon les principes du neurofeedback, et surtout aucune formation en neurofeedback !
 
Notez au passage que le neurofeedback a été admis comme étant une thérapie à privilégier dans le traitement des TDAH par l'American Academy of Pediatrics (classement Level 1, mais level 5 sur le site de l'AAPB car les niveaux sont inversés).
 
Si vous faites une recherche sur PubMed, vous trouverez des informations très intéressantes sur le sujet, mais en anglais. Pour vous aider, voici un petit fichier (image JPG) >> PubMed_infos <<
Ci-dessous, liens vers 2 articles sur le neurofeedback dans les TDAH, réalisés dans le service de psychiatrie d'un hôpital de Marseille.
Vous trouverez un ouvrage en français sur le système Zengar (éd. Dangles, en librairie depuis novembre 2011). Personnellement, mais je ne suis pas le seul à tirer cette conclusion, cet ouvrage pose plus de questions sur les fondements de ce système qu'il n'apporte de réponses !
En revanche, sur PubMed, vous aurez beaucoup de mal à trouver une publication concernant des travaux avec le système Zengar !?

Pour infos complémentaires sur le déroulement des séances et les bases théoriques du fonctionnement de cette méthode, voici quelques liens.
Le site des créateurs de la méthode :
   > www.zengar.com (en anglais)
Une explication très succinte :
   > www.neurofeedback-europe.org
Un peu plus de détails :
   > www.apnf.co
Des informations généreuses sur la méthode, notamment sur cette page.
   > www.adnf.org

Quelques extraits du site de l'ADNF, avec mes commentaires sur des affirmations fausses ou fantaisistes, dans ce supplément...
>> Supplément <<

- 05/05/2012 -
• Le NeurOptimal est l'unique système à fonctionner de cette façon, avec un logiciel bien particulier. Ne nécessitant aucune connaissance particulière, son achat est donc accessible à tout le monde... Détails (en anglais) concernant les formules d'achat sur les pages de ce PDF.
• Sur les pages de cet autre PDF en anglais, vous aurez la surprise de constater que les informations sont assez différentes de ce que l'on peut trouver sur les sites Web français ! Quelques exemples de ce que vous pourrez lire :
"Le NeurOptimal n'utilise pas un feedback pour dire au cerveau ce qu'il doit faire mais donne seulement des informations sur son activité, que votre cerveau utilisera ou pas pour s'ajuster lui-même. Le NeurOptimal n'est pas une méthode, un appareil ou un traitement médical. Ce système n'a pas été validé pour une quelconque application médicale par la FDA ou toute autre organisme gouvernemental... Nous ne pouvons pas prédire ce que sera votre réponse à cet entraînement ni ses suites..." etc.
Par conséquent, que les résultats soient positifs, négatifs ou nuls, vous les aurez acceptés en apposant votre signature sur ce document avant de commencer les séances ! Aux États Unis, on est jamais trop prudent.

  Pour conclure ce chapitre...
 
• Depuis la naissance du biofeedback et du neurofeedback, les notions d'apprentissage, d'auto-contrôle volontaire et conscient, de conditionnement opérant... sont des éléments fondamentaux de cette méthode.
Dans ces conditions, toute technologie permettant au cerveau de se réguler de lui-même, en fonction d'informations reçues et traitées par un logiciel, sans que la personne agisse elle-même pour réguler ou modifier le fonctionnement de son cerveau, n'est pas du neurofeedback.
 
• Avec l'important développement des recherches dans le domaine des interfaces cerveau-ordinateur (BCI), dont le mode de fonctionnement est similaire au neurofeedback (même si les objectifs sont différents), il est totalement impossible de piloter un robot ou un fauteuil roulant ou encore de se déplacer dans des univers virtuels en utilisant un système automatisé sur le modèle du NeurOptimal. Dans l'état actuel de nos connaissances et des travaux effectués dans le monde entier, seul le neurofeedback (authentique) permet de progresser dans le domaine des BCI. En effet, que ce soit durant la phase d'apprentissage ou ensuite, lors des applications, il est nécessaire d'exécuter volontairement des tâches mentales afin de pouvoir contrôler des objets (déplacer, sélectionner, activer...). Vous comprendrez facilement qu'avec un système où le sujet doit être passif et dont le logiciel décide seul de ce qui est bon ou pas, le NeurOptimal (ne fonctionnant pas selon les principes du neurofeedback) n'est d'aucune utilité dans le domaine des BCI.
 
• Autres systèmes dont le fonctionnement ne peut pas être considéré comme étant du neurofeedback : le "LENS" et les appareils de synchronisation cérébrale par stimulations audio et/ou visuelles. Infos > LENS   > ROSHI
Lire également les réponses de Mark in Idaho (au sujet du neurofeedback, du LENS et du ROSHI) sur ces 2 pages de the NeuroTalk Communities !...
Cependant, le système LENS est considéré comme efficace par l'ISNR.
 
• Signalons aussi que des recherches sont en cours dans le domaine de la stimulation magnétique transcrânienne (TMS pour Transcranial Magnetic Stimulation). Cette technique, qui n'est pas non plus du neurofeedback, est testée dans le traitement d'affections neurologiques et psychiatriques...
 
• Pour toute information complémentaire sur le neurofeedback, je vous invite à visiter les sites référencés au chapitre liens et en particulier ceux de l'AAPB, de l'ISNR et de la BCIA.
 
Liens vers 2 études en français sur le neurofeedback, publiées chez EM consulte et ScienceDirect :
> article 1 : « Neurofeedback dans le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité : de l'efficacité à la spécificité de l'effet neurophysiologique »
> article 2 : « Vers une nouvelle déclinaison de la neurophysiologie clinique en psychiatrie : le neurofeedback par imagerie par résonance magnétique fonctionnelle appliquée aux dysfonctions des processus émotionnels »
 
• J'en profite pour lancer un appel.
Si vous connaissez des publications* portant sur des études comparatives entre cette méthode (Zengar - NeurOptimal) et d'autres thérapies (neurofeedback en particulier) dans le traitement de différentes pathologies, merci de m'indiquer les liens vers ces informations.
*Publications réalisées de façon objective et par des personnes totalement indépendantes.
 
 
   J-L Drouet
 
   www.biofeedback.fr
   www.biofeedback-relaxologie.info
 

 

 
© J-L Drouet   -:-   5 juin 2011